16 février 2011

Le Cabaret X 3

Notre si joli Cabaret dans la froidure de février. Trois moments marquants présentés dans le désordre le plus complet.

GILLES BÉLANGER, LA TRILOGIE
HIVER 2006. Le tout petit Cabaret Juste Pour Rire de Montréal. J’étais là, pour un premier contact avec l’univers de Chloé Sainte-Marie. Nous l’avons vu à l’avant scène s’approprier et chanter les mots de nos poètes en regardant dans les yeux son Gilles Carle assis juste là, à quelques pas de nous… À l’arrière, dans l’ombre, mais rayonnant, Gilles Bélanger jouait. J’y étais.

AOÛT 2009, les Francos, le grand Théâtre Maisonneuve. Loin, mais là. Avec les mots de Miron et douze autres grands. Louis-Jean Cormier, Daniel Lavoie, Martin Léon, Yann Perreau, Vincent Vallières, Jim Corcoran, Richard Séguin, Pierre Flynn, Yves Lambert, David Marin, Michel Rivard et Gilles Bélanger. C’est gravé là. Tout en haut.

FÉVRIER 2011. Cabaret-Théâtre du Vieux-St-Jean. Une troisième fois. Lui, Bélanger et un virtuose de la six cordes, Yves Savard. C’était à la bonne franquette. Le capot parfois sur la mauvaise frette, l’harmonica sur la mauvaise tonalité… Pas grave. On s’amusait. On racontait Miron. On le chantait avec justesse et intensité. C’était les albums qui résonnaient pour vrai… Et j’étais là.

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CABARET MORTUAIRE

La mort. Sujet tabou. Sujet délicat. On en parle du bout des lèvres, on ferme les yeux quand elle passe au bout de nos pieds. On veut l’éviter à tout prix, allant même parfois jusqu’à s’imaginer qu’on aura jamais à l’affronter… Et pourtant…

Manon Lussier, elle, se dresse devant et l’affronte la tête haute dans SA pièce UN SUAIRE EN SARAN WRAP.

En passant par l’histoire vécue avec sa mère, elle nous parle de ces gens qui partent. Des rituels que nous avons créés autour de la mort. De l’héritage que laisse les disparus derrière eux. Matériel, certe, mais l’héritage de la mémoire. Cette passation du flambeau. Des secrets, même tout petits, qui nous rappellent l’impact laissé par nos proches sur nos quotidiens. Sur notre personnalité.
Tout ça sans jamais tomber dans les larmes. Avec un jeu franc et une approche voguant plus souvent qu’autrement sur un ton léger et humoristique.

Assis au balcon du Cabaret, j’ai passé les 80 quelques minutes qu’a duré le spectacle avec ma mère en tête. Partie elle aussi, comme celle de Manon Lussier, trop tôt. Rongée par ce “maudit” cancer. Je ne l’ai pourtant pas pleuré (ou repleuré). Non. J’ai revu les beaux moments… Laissé aller les plus laids… Accroché à la mémoire de MA grande disparue, j’ai écouté et regardé une pièce sur la mort avec la seule envie de célébrer la vie.

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CABARET À RAS BORD POUR ELISAPIE
“Y’avait du monde à messe” comme disait maman. Il y a longtemps que je n’avais pas vu le Cabaret-Théâtre aussi bien garni de nous. “All dressed”. Pas une place de libre. Du monde debout à l’arrière… D’autres juchés jusqu’au plafond (j’exagère à peine). C’était beau. Tous ces curieux qui tournaient en rond dans les stationnements bondés pour se trouver une place et qui par la suite enjambaient les montagnes de neige pour atteindre la salle. À l’intérieur, le vent du nord a continué de souffler et il était envoûtant, gracieuseté d’Elisapie Isaac. Les yeux rivés sur la scène, les oreilles et le coeur grands ouverts on a fait exactement comme à la messe, on s’est recueilli. Frisson collectif.

La prochaine fois, vous continuerai de lire entre mes lignes que la meilleure façon de le vivre, c’est encore d’y être…

f_marchesseault@hotmail.com
www.facebook.com/francois.marchesseault

Visionnez toutes les photos du spectacle d’Élisapie Isaac sur notre galerie photos disponible sur Flickr

À propos de Francois Marchesseault

Théâtre, musique, cinéma et littérature, je suis un passionné de culture. Abonné du théâtre à la SPEC depuis déjà plusieurs années j'y ai vu toutes les pièces présentées depuis la saison 2008-2009... J'y ai ovationné avec sincérité les pièces MY FAIR LADY, TÉNOR RECHERCHÉ, UNE VRAIE FAUSSE COURSE À LA CHEFFERIE et RAIN pour en nommer que quatre sur ohhhh combien ! En musique et en chanson, de l'OSM en passant par les CHARBONNIERS DE L'ENFER, TOOL, COLDPLAY, KATERINE et PIERRE LAPOINTE, j'ai à ce jour usé mes mains et ma voix dans des centaines de spectacles. Au cinéma, j'ai été surtout happé par les caméras de JEAN BECKER, WOODY ALLEN, CHRISTOPHER NOLAN et XAVIER DOLAN... Quand il me reste du temps, je dévore les écrits de DANY LAFERRIÈRE, MAXIME CHATTAM et, pourquoi pas... INDIA DESJARDINS !
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